Après avoir percé le mystère du drakkar, Orianne se retrouva confrontée à une nouvelle difficulté. Les indices l’avaient menée sous le pont, dans les entrailles du navire. L’endroit était étroit, faiblement éclairé par des lanternes à l’huile dont la flamme vacillait au rythme des vagues. L’air y était plus lourd, imprégné de bois humide, de cuir ancien et de sel. Chaque pas d’Orianne faisait grincer les lattes du plancher, et le roulis régulier faisait doucement craquer les parois, comme si le navire lui-même chuchotait des secrets oubliés.

Lumi marchait juste derrière elle, ses pattes feutrées silencieuses sur le bois ancien, les yeux brillants dans la pénombre.

Elle arriva devant une porte plus massive que les autres, sculptée de symboles marins : une rose des vents, un hippocampe, et un sablier gravé en relief. C’était vraisemblablement la cabine du capitaine.

À l’intérieur, l’atmosphère changeait. La cabine, bien que modeste, dégageait une impression d’autorité et de mystère. Une grande table cartographique occupait le centre, couverte de cartes parcheminées, de compas, de plumes et de taches d’encre. Des étagères en acajou, chargées de journaux de bord, de fioles d’encre, et de vieux instruments de navigation, bordaient les murs. Un sabre rouillé reposait sur un crochet, juste au-dessus d’un fauteuil à haut dossier usé par le temps.

Lumi sauta doucement sur une petite malle contre le mur, observant la pièce d’un regard attentif, comme s’il sentait, lui aussi, que quelque chose clochait. Mais ce qui attira son attention, ce fut un meuble trônant à l’arrière, près du hublot. Un cabinet fermé, orné de motifs marins, légèrement entrouvert. Une aura étrange en émanait. Quelque chose l’attendait là, tapi dans l’ombre. Elle savait qu’elle devait l’examiner.