La clairière s’était refermée derrière Orianne, doucement avalée par la forêt. Elle marchait en silence. Elle avait mis du temps à déchiffrer l’énigme. Et c’est ainsi que ses pas l’avaient menée jusqu’à la côte. Vers cette haute silhouette figée au bord du monde. Un phare, oublié des cartes, battu par les vents, perché sur une falaise déchiquetée où les vagues venaient mourir.
Elle était entrée sans frapper. La porte avait cédé dans un soupir. À l’intérieur, les indices lumineux gravés sur les murs l’avaient guidée, pièce après pièce, jusqu’à une salle cachée au cœur même de la structure. Lumi s’était glissé derrière elle sans bruit, son pelage argenté se fondant dans les ombres du lieu.
Orianne se trouvait maintenant dans une salle cachée à l’intérieur du phare, où l’air était chargé du parfum de la pierre froide et des pages anciennes. Sous la lumière froide de la lune, l’endroit semblait désert, mais quelque chose dans l’air lui disait qu’elle était proche de découvrir un élément crucial. Après avoir poussé une porte grinçante, elle pénétra dans une pièce sombre, où l’odeur du cuir ancien et du bois verni envahissait l’espace.
La lumière de sa lampe torche éclaira des étagères chargées de livres reliés, de vieux parchemins et d’artefacts soigneusement disposés. Cette pièce, un véritable sanctuaire de collectionneur, était imprégnée d’histoire. Mais ce qui attira immédiatement son attention, ce fut un globe terrestre imposant, trônant au centre de la pièce sur un socle en métal ouvragé. Sa surface luisait doucement, comme si elle captait et reflétait la lumière de la lune qui filtrait à travers une fenêtre partiellement ouverte.
Orianne s’approcha avec prudence, scrutant les moindres détails. Le globe, bien que magnifique, semblait plus ancien que tout ce qu’elle avait vu jusque-là. Ses continents étaient tracés avec une précision qui trahissait un autre temps, et de petites annotations, en caractères presque effacés, parsemaient sa surface. Lumi tourna autour du socle du globe, le museau frôlant doucement le métal, curieux mais silencieux.
Elle tendit la main vers le globe, effleurant sa surface d’un doigt attentif. Le métal était froid, comme s’il avait absorbé des siècles de veille silencieuse. Les reliefs, légèrement en creux, formaient des chaînes de montagnes, des fleuves, des côtes dentelées.
Mais en y regardant de plus près, quelque chose la troubla. Elle fit tourner doucement la sphère sur son axe. Les continents défilaient lentement sous la lueur vacillante de la bougie, projetant des ombres mouvantes sur les murs couverts de livres.
Un détail l’arrêta. Un espace. Trop lisse. Trop neutre.
Elle fronça les sourcils, approcha son visage.
La pièce elle-même, plongée dans une semi-obscurité, amplifiait la sensation de mystère. Les ombres des étagères et des objets semblaient s’allonger et se mouvoir légèrement, donnant l’impression qu’elle n’était pas seule. Une légère brise fit trembler la flamme d’une bougie oubliée sur un bureau, projetant des éclats de lumière vacillants sur le globe.