Le lendemain, la forêt semblait moins dense, moins menaçante. Orianne avait repris sa route à l’aube, laissant derrière elle les bruissements de la nuit, les ombres mouvantes, et la clairière où le mystère avait pris un visage amical. Lumi trottait à ses côtés, le pelage encore humide de rosée, mais l’allure vive et l’œil alerte.

La végétation se fit plus clairsemée, les troncs espacés. Puis, lentement, les arbres disparurent. Devant elle, le paysage s’ouvrait. Une vaste étendue vallonnée s’étirait jusqu’à l’horizon, parsemée de pierres plates, de buissons secs et de bouquets d’arbustes tortueux. Le ciel était pâle, lavé par le vent, et portait la promesse d’un jour long mais clair.

Le sentier n’était plus qu’une ligne à peine marquée entre les herbes hautes et les cailloux. Mais Orianne avançait sans hésiter. Sa main, de temps à autre, frôlait la besace où reposait le totem. L’énigme précédente n’était pas encore résolue, mais elle savait que la réponse ne se trouvait pas en arrière.

Lumi courait en éclaireur, parfois disparaissant derrière un rocher, pour revenir quelques instants plus tard, la queue dressée et les oreilles tendues. Il semblait apprécier cet espace plus dégagé, où le ciel respirait plus librement.

Le monde était redevenu vaste. Et pourtant, quelque chose dans l’air, peut-être un parfum lointain, ou un silence particulier, annonçait que l’étrange n’était jamais bien loin.