La nuit était tombée sans bruit, engloutissant les collines et la lande sous un manteau de brume plus dense encore. Aucune étoile ne perçait le ciel. Seule la pâleur diffuse de la lune filtrait parfois à travers les nuages, dessinant des halos flous sur les pierres humides.
Orianne avait trouvé un abri naturel, entre deux affleurements de granit, à flanc de colline.
Elle y avait posé son sac, déroulé une couverture épaisse, et installé quelques pierres en cercle pour accueillir la chaleur d’un feu discret. Le bois était humide, mais elle savait patienter. Peu à peu, une lueur tremblante éclaira les herbes alentour.
Lumi s’était lové tout contre elle, le museau calé dans le creux de son coude, ses flancs se soulevant lentement au rythme d’une fatigue paisible.
Elle sortit un morceau de pain, un peu de fromage. Partagea sans réfléchir. Lumi leva à peine la tête pour saisir sa part, avant de se recoucher, apaisé.
Le feu crépitait doucement. La brume passait parfois au-dessus d’eux comme une marée lente, sans bruit.
Et là, au milieu de nulle part, entre les pierres anciennes et les murmures invisibles, Orianne sentit qu’elle était exactement là où elle devait être.
Pour une fois, elle ne cherchait rien. Elle se reposait.
Puis, doucement, elle s’endormit dans la tente, Lumi roulé contre elle.