Le souffle lent du vent passait entre les rochers, soulevant de petites lames de poussière. Orianne s’était adossée contre une pierre plate, encore tremblante de l’épreuve du pont. Ses doigts, engourdis, desserraient peu à peu leur tension. Lumi était resté tout près, immobile, la tête posée sur ses pattes.

Elle ouvrit sa sacoche, sortit la liasse de papiers laissés par Benoît. Certains, elle les connaissait presque par cœur. D’autres, elle ne les avait que survolés. Elle les étala devant elle, cherchant un moment de calme pour les relire, sans urgence.

Un coup de vent plus brusque les souleva soudain. Les feuilles se dispersèrent, certaines glissant entre les pierres, d’autres voletant plus loin. Orianne se leva d’un bond, rattrapa les plus légères, Lumi bondit pour intercepter les autres, les ramenant en trottinant avec délicatesse.

Quand elle les rassembla à nouveau, quelque chose attira son attention. Deux feuillets, qu’elle croyait sans lien, avaient été partiellement déchirés en bordure. En les replaçant côte à côte, le dessin les traversait sans interruption.

Elle en assembla un troisième. Ce n’étaient pas des pages séparées. C’était un tout, dissimulé sous la forme de fragments.

Peu à peu, un croquis plus large apparut. Un lieu. Un code. Une disposition.

Orianne resta immobile un instant, le regard perdu dans la forme recomposée.