Le passage vers la bâtisse avait été plus difficile qu’il n’y paraissait. La cour, envahie par les herbes hautes et les pierres disjointes, semblait vouloir retenir chaque pas. Les murs penchaient, les arches s’étaient effondrées en silence, et des racines noueuses avaient envahi les interstices du sol. Orianne dut contourner un puits effondré, franchir un muret croulant, et glisser entre deux piliers fendus pour atteindre l’intérieur.
Elle entra dans ce qu’il restait d’une grande salle. La lumière filtrait à travers un pan de toiture manquant, éclairant une moitié de la pièce, tandis que l’autre restait noyée dans l’ombre. Les murs, encore debout, portaient des marques d’écriture effacées, des traits de charbon, des esquisses anciennes griffonnées..
Au centre, au milieu des débris, une pierre plate avait été posée avec soin.
Orianne s’agenouilla, souleva lentement la dalle, et découvrit un petit feuillet plié plusieurs fois, coincé là depuis longtemps. Le papier était jauni, mais sec, intact. Elle le déplia lentement. Les mots, tracés d’une écriture nette, fine, semblaient avoir été posés avec une attention presque douloureuse.