Elle était restée un long moment dans la petite pièce. Face au coffre, sans bouger. Il ne demandait pas à être forcé. Il attendait qu’on le mérite.

Elle ressortit lentement du passage, regagnant l’étage supérieur. La lumière du jour avait changé. Elle s’était installée dans un recoin abrité de la cour, à l’ombre d’un pan de mur. Ses notes étalées devant elle, les papiers de Benoît, les croquis, les cartes anciennes… Tout ce qu’elle avait rassemblé jusque-là formait une constellation floue. Et pourtant, elle sentait que quelque chose manquait de peu à se révéler.

Elle reprit la lettre trouvée sous la dalle. Les marges portaient de minuscules symboles. Des annotations en biais, comme si Benoît avait écrit à la hâte, puis tenté d’effacer. Mais l’humidité, la pierre, le temps avaient figé l’encre dans un certain angle de lumière.

Elle pencha légèrement la feuille. Et là, entre deux traits presque invisibles, elle distingua un mot. Un nom. Griffonné, incomplet. Mais lisible.

C’était une destination.