Le nom résonnait doucement dans son esprit “La Chapelle-de-Brain”. Elle ne savait pas ce qu’elle allait y trouver. Mais elle savait qu’elle devait y aller.

Elle quitta la forteresse au matin, les épaules chargées mais l’allure déterminée. Le vent avait tourné. L’air, plus sec, portait un parfum de terre chaude et de branches en fleurs. La route était longue, sinueuse, et elle s’y engagea sans détourner les yeux.

Elle marcha pendant des jours. Parfois sur des sentiers bien dessinés, parfois à travers champs, coupant à travers les ajoncs et les bois bas. Les paysages changeaient lentement : des collines herbeuses succédaient à des bosquets tordus, puis laissaient place à de larges étendues piquetées de pierres plates.

Les nuits étaient douces. Elle s’arrêtait dans des clairières abritées, allumait un feu discret, partageait un morceau de pain ou de fruit sec avec Lumi, toujours à ses côtés. Un matin, elle longea un petit ruisseau. Peu à peu, le relief se resserra. Les arbres se firent plus hauts, les ombres plus longues. Puis elle vit les premiers signes : des murets écroulés, une barrière rongée par la mousse, et enfin, au détour d’un bosquet… une silhouette de clocher à demi effondré.

La Chapelle-de-Brain.