Le village semblait figé dans le temps. Les maisons, construites en pierre grise, étaient en partie couvertes de lierre et de mousse, comme si la nature avait voulu reprendre sa place. Quelques volets étaient ouverts, d’autres fermés depuis longtemps. L’air était calme, presque trop calme, et les pavés du village, usés mais solides, portaient les traces du temps, des pas, des histoires effacées.

Lumi se tenait près d’elle, les oreilles attentives, reniflant l’air comme s’il cherchait aussi quelque chose de caché. Orianne s’arrêta devant une vieille maison à l’angle d’une ruelle. Sur le mur, une inscription à moitié effacée attira son attention. Elle s’en approcha, son doigt frôlant les lettres gravées dans la pierre. Un symbole : un cercle avec une croix à l’intérieur, comme une boussole ancienne, et dessous… un mot presque illisible.

Elle continua sa marche, les yeux scrutant chaque détail. Les pavés du village formaient des motifs irréguliers, comme des traces laissées par un chemin oublié. Elle suivit une ligne de pierres sur le sol, qui la mena jusqu’à un vieux panneau en bois, presque effondré, marqué d’un autre symbole : un triangle inversé, avec une ligne ondulée passant en dessous.

Elle posa la main sur la base du panneau. D’un coup sec, il bougea. Sous ses doigts, une fente apparut. Elle la suivit lentement, y inséra un petit objet trouvé dans ses poches. Un petit déclic se fit entendre, et la base du panneau s’inclina légèrement, comme un mécanisme caché.

Elle se tourna vers l’église, visible à l’autre bout de la rue. Les grandes portes étaient entrouvertes, et une lumière pâle filtrait par les vitraux colorés. Elle s’avança, poussant les portes avec une lenteur respectueuse.

À l’intérieur, l’air était frais, empli de l’odeur du bois, de la cire et du temps. Des bancs poussiéreux étaient rangés contre les murs, et un autel usé se tenait dans le fond de la pièce. Le sol de l’église était recouvert de dalles de pierre, certaines fissurées, d’autres intactes.

Elle s’arrêta un instant. Sur l’une des dalles, juste sous l’autel, un symbole frappé dans la pierre semblait briller légèrement. Une rose des vents, discrètement gravée, avec un petit texte à côté, écrit en une langue qu’elle avait déjà vue sur les papiers de Benoît. Orianne se sentit un frisson parcourir son dos. Chaque indice la rapprochait de quelque chose, de plus grand, mais aussi de plus mystérieux. Elle savait qu’elle était sur la bonne voie. Les secrets du village, et peut-être bien ceux de Benoît, se cachaient dans ces pierres, ces symboles et ces petites révélations.

Elle tourna les talons et sortit de l’église, prête à continuer à suivre les traces laissées sur le pavé, guidée par la lumière filtrant à travers les fenêtres de l’église.