Orianne avait fini par trouver plusieurs pierres, dressées à intervalles irréguliers sur une colline voisine. Certaines étaient couchées, d’autres encore debout, comme si elles avaient été réveillées par le passage de la boussole.
Après un moment de silence, Orianne avait repris sa marche. La boussole indiquait maintenant une direction stable. Un sentier s’ouvrait devant elle, étroit, mais tracé avec douceur, presque comme une invitation.
Le paysage changea lentement. Au loin, Orianne aperçut une chaîne de montagnes, au pied desquelles on pouvait déceler des forêts de pins.
Orianne poursuivit sa route jusqu’à arriver au pied d’une de ces montagnes. Les pins faisaient progressivement place à des prairies hautes. Les herbes vertes ondulaient en nappes douces, parsemées de genêts et de quelques pins isolés. Des ruisseaux clairs coulaient entre les rochers moussus, et le chant discret des insectes accompagnait ses pas. Lumi trottait joyeusement à ses côtés, ses pattes frôlant les graminées.
Puis, plus haut, les arbres se firent rares. Les racines s’accrochaient aux pierres, les troncs tordus témoignaient du vent. Le sol devenait rocailleux, strié de lichen pâle. Entre les blocs, de minuscules fleurs de montagne apparaissaient, couleurs discrètes, tenaces.
Le sentier devenait plus étroit, plus exigeant, mais toujours lisible.
Enfin, dans les hauteurs, le silence s’installait pour de bon. Seules quelques nappes de neige, éparpillées sur les versants nord, rappelaient l’hiver passé. Le ciel, immense et limpide, semblait plus proche. Les cimes, entaillées, baignées de lumière dorée, veillaient sans bruit. Orianne avançait avec lenteur, son souffle régulier. Un vent léger courait entre les crêtes, chargé d’une fraîcheur ancienne.