Orianne avait fini par retrouver cet îlot perdu aux antipodes du monde. Et dans un lieu nommé Point Cave, elle avait visité un bâtiment de pierre sèche, sans toit, ouvert au ciel. Mais ses murs tenaient encore debout.

Elle poussa doucement la porte branlante. À l’intérieur, la lumière filtrait entre les pierres, douce et dorée. Et là, sur l’un des murs les mieux conservés, elle vit une fresque gigantesque.

Étonnamment intacte, protégée par l’ombre et le silence. Sur le fresque, un archipel silencieux s’étendait à l’horizon, fragmenté comme une pensée égarée. Vue d’en haut, la mer semblait infinie telle une nappe d’ardoise pâle, lissée par les vents, à peine troublée par quelques rides discrètes. Sous un ciel tendu de nuages froids, des dizaines d’îles sombres perçaient la surface. Certaines n’étaient que des rochers nus. D’autres, couvertes de forêts de pins denses et sombres, s’étiraient en courbes douces, comme si elles avaient été déposées là avec soin. La lumière était étrange : bleue, grise, parfois lavande, filtrée par un crépuscule lent. Le ciel, lourd de silence, laissait deviner une pluie qui ne tombait pas encore.

C’était un monde sans bruit. Sans route. Mais plein de chemins invisibles. Lumi restait calme à ses côtés, son souffle paisible dans le vent. Elle sentit que ce lieu n’avait pas besoin de voix.

Sous la fresque, les pierres étaient plus lisses, comme polies. Orianne s’agenouilla, inspectant le bas du mur. Gravé à même la roche, à peine perceptible sous l’angle de la lumière. Des lettres fines, profondément incisées mais anciennes, recouvertes de poussière et de mousse desséchée. Elle passa doucement les doigts dessus, puis souffla pour les dégager.

"Trouve-moi." Deux mots. Rien de plus.