Orianne n’avait pas de nom précis. Pas de coordonnées. Mais elle avait l’image de la fresque en tête et ces deux mots gravés dans la pierre, qui vibraient encore quelque part en elle. "Trouve-moi." Alors Orianne avait repris la route. Elle avait quitté l’île, le cœur plus chargé que ses bagages, et suivi la mer, puis le vent, puis cette impression tenace qu’elle portait depuis qu’elle avait vu la fresque. Cette lumière particulière. Ce ciel bas. Ces rochers ronds, posés sur l’eau comme des pensées oubliées.
Tout en elle convergeait vers le Nord.
Après plusieurs jours de traversées et d’attentes silencieuses dans des ports discrets, elle atteignit une terre fragmentée, parsemée d’îlots et de forêts, aux contours familiers. Elle y reconnut les lignes. Les couleurs. Le silence. Tout correspondait. Le paysage de la fresque existait vraiment. Et elle venait de le rejoindre.
Sur le quai de bois flottant, elle ferma les yeux un instant. Le vent sentait la résine, le sel, et quelque chose d’ancien. Lumi vint se caler contre sa jambe, silencieux. Orianne descendit du bateau sans un mot. Et posa enfin le pied sur la terre du murmure.