La journée touchait à sa fin, et le chemin serpentait entre des collines. Orianne avançait lentement, suivant sa boussole. Depuis ce matin, l’aiguille semblait plus vive. Elle ne tremblait plus sans but. Elle pointait droit vers l’est, presque impatiente, comme si elle voulait la tirer vers quelque chose.
Lumi trottait à ses côtés, attentif mais calme. Le silence était ponctué seulement du vent, des pierres, et de leurs pas réguliers sur la terre sèche.
En fin d’après-midi, elle aperçut les premières maisons. Un village, petit, presque circulaire, blotti au creux d’une plaine encaissée. Les toits étaient couverts de tuiles sombres, les murs tachés par le temps, et des sentiers sinuaient entre les bâtisses comme s’ils s’étaient formés seuls, à force de passages.
Elle descendit sans hâte. Au centre du village se dressait une pierre haute, large, brute. Rien n’y était gravé, mais sa simple présence imposait le silence.
Elle s’arrêta face à elle. La boussole, jusque-là docile, vibra doucement dans sa main. Elle l’ouvrit. L’aiguille tourna une fois, puis s’immobilisa net.
Vers l’ouest. Puis, une seconde plus tard, elle trembla, pivota vivement vers le nord.
Et encore. À nouveau vers le sud-est.
Puis vers une autre direction encore, brève et précise.
Chaque mouvement était vif, comme un signal. Une suite de pointages. Comme si la pierre, ou ce lieu, avait réveillé une mémoire ancienne dans l’objet.
Orianne ne bougea pas. Elle observait. Lumi, assis près d’elle, fixait la pierre sans un bruit.
Et tout autour, désormais, d’autres lieux attendaient d’être trouvés.