Le sentier doux l’avait menée jusqu’à un petit repli du terrain, à l’abri entre deux murets effondrés. Une sorte d’ancien abri de pierre, presque fondu dans le paysage, recouvert de mousse et de silence. Orianne s’y arrêta, curieuse. Elle poussa la porte branlante d’une main, et entra dans l’ombre fraîche.

À l’intérieur, pas grand-chose. Quelques objets abandonnés. Un banc de bois à demi rongé. Mais sur une étagère creusée à même la pierre, soigneusement calé entre deux galets, un petit rouleau de papier attendait.

Elle le prit avec précaution. Le papier était jauni, fragile, mais intact. Elle le déroula lentement à la lumière qui filtrait par une fissure dans le mur.

C’était une carte.

Petite, ancienne. Tracée à la main, à l’encre noire et brune, avec des annotations à moitié effacées. Elle représentait un village côtier. On y devinait la mer et un port. Les lignes tracées dessus représentaient un paysage familier.

Lumi s’était glissé à ses côtés, observant le papier, la truffe frémissante. Orianne resta silencieuse un instant. Elle ne reconnaissait pas cet endroit. Mais elle savait, sans pouvoir l’expliquer, qu’elle devait s’y rendre.

Elle replia la carte avec soin, la rangea dans une poche intérieure de son manteau, et ressortit dans la lumière du jour. Le sentier continuait. Et désormais, elle avait une destination.