Le message retrouvé sous la dalle résonnait encore dans son esprit. Le vent soufflait plus fort à mesure qu’elle avançait. Le chemin, désormais pierreux et encaissé, la menait vers un promontoire plus abrupt que les précédents. Au détour d’un virage, entre deux murailles de roche, elle la vit apparaître.

Une forteresse.

Massive, bâtie à même la pierre, elle dominait la mer en contrebas. Ses murs étaient hauts, noircis par le temps, mais encore solides. Des créneaux ébréchés bordaient les remparts, et de vieilles ouvertures, autrefois meurtrières, regardaient le monde d’un œil vide.

L’entrée était ouverte. Une grande arche de pierre effondrée en partie, sur laquelle s’accrochaient des ronces sèches. Elle la franchit, et se retrouva dans une cour intérieure silencieuse, pavée d’herbes folles et de pierres disjointes.

Orianne traversa lentement la cour. Le vent s’engouffrait entre les murs brisés, soulevant par instants des volutes de poussière sèche et de feuilles mortes. Elle ne savait pas exactement ce qu’elle cherchait. Mais elle sentait que le lieu gardait quelque chose.

Elle poussa une porte encore suspendue à ses gonds, grinçante et lourde. Derrière, un escalier descendait dans une salle à demi enfouie. L’odeur de pierre humide, de terre et de métal ancien emplit l’air dès les premières marches. Elle alluma sa lampe.

La pièce était circulaire. Des murs de pierre brute, renforcés par d’anciennes arches. Au centre, reposait un socle bas, de forme hexagonale, recouvert de motifs géométriques presque effacés. Un cercle en cuivre, oxydé, y était incrusté, avec ce qui ressemblait à six petits interstices répartis autour.

Lumi s’était avancé à pas lents, flairant l’air, les oreilles en alerte.

Orianne s’agenouilla devant le socle. En l’examinant de plus près, elle remarqua un mécanisme. Discret, presque invisible : une dalle au sol vibrait très légèrement sous son poids. Elle appuya. Un déclic retentit. Puis un second. Un léger grondement résonna contre les murs, lointain, comme venu des entrailles mêmes de la forteresse.

L’un des murs s’écarta. Juste un pan. Il coulissa lentement, dévoilant une ouverture basse, étroite. Un tunnel. Creusé à même la roche.

Orianne échangea un regard avec Lumi. Il ne grognait pas. Il attendait.

Elle s’avança, la main sur la paroi pour se guider, et pénétra dans l’obscurité. Les pierres y étaient plus fraîches, plus denses. Et là, au bout d’un couloir étroit, elle trouva une petite pièce scellée.

Un coffre reposait dans une niche taillée dans le mur. Cerclé de métal, fermé par un loquet ancien. Elle comprit qu’elle n’avait pas encore ce qu’il fallait pour l’ouvrir.