Le manoir grinçait sous ses propres cicatrices. Les murs fissurés laissaient passer des filets d’air glacé, les vitres brisées projetaient au sol des éclats de lumière mourante, et les poutres du plafond semblaient tenir par une volonté plus que par une structure.
Orianne avançait prudemment. Le sol, par endroits, s’était effondré. Mais au milieu de ce chaos silencieux, une pièce l’attendait. Elle poussa une porte à moitié arrachée de ses gonds. L’intérieur était plus sombre, mais moins délabré que le reste. Un ancien bureau, ou ce qu’il en restait : des étagères écroulées, une chaise brisée, un tapis à demi recouvert de débris. Et sur un meuble bas, parfaitement centré, reposait une maquette de navire.
Les voiles miniatures étaient tendues avec précision, et la coque brillait d’une patine discrète, comme si elle venait d’être huilée. Le contraste avec le reste de la pièce était troublant.