Le chemin serpentait entre les landes, au milieu d’herbes hautes et de pierres isolées. Le ciel était bas, mais clair. L’air frais glissait le long du sentier, chargé d’odeurs d’écorce, de bruyère et de mousse.
Après plusieurs heures de marche, Orianne arriva devant une rivière large et tranquille. Elle s’étalait sans bruit, sinueuse, bordée de saules et de joncs souples. Le courant était lent, mais la traversée à pied semblait impossible. Aucun gué. Aucun pont. Elle observa les rives un instant, cherchant une solution.
Lumi s’était avancé dans les herbes plus hautes, flairant le sol, explorant sans bruit. Il s’éloigna de quelques mètres, puis poussa un petit cri bref.
Orianne le rejoignit. Dissimulée entre deux buissons, à moitié recouverte de feuillages, une petite embarcation reposait là. Un canot léger, de bois sombre, usé mais encore solide. Un aviron était attaché à l’intérieur avec une vieille corde.
Elle le tira doucement jusqu’à la berge. Lumi sauta souplement à bord, s’installant à l’avant, attentif mais calme.
Orianne poussa le canot et s’éloigna de la rive. L’eau était silencieuse. Elle avançait lentement, ramant d’un geste régulier, ses pensées paisibles.
La traversée fut simple. Aucune tension. Aucun obstacle. Juste ce moment suspendu, entre deux rives, dans la lumière pâle d’un ciel de fin d’après-midi.
Quand elle posa le pied sur l’autre berge, elle tira le canot à l’abri. Lumi bondit sur la terre ferme, déjà prêt à poursuivre. Et ils reprirent leur marche, guidés par la carte, et ce qui les attendait plus loin.