Après plusieurs jours de navigation, guidée par la carte et cette étrange boussole, Orianne aperçut enfin une terre à l’horizon. C’était une île vaste, escarpée, balayée par les vents du large. Des falaises de pierre noire enserraient une vallée luxuriante, dense de fougères géantes. Des cascades dévalaient les hauteurs comme des veines d’argent, et au loin, les cris d’oiseaux inconnus résonnaient dans l’air humide.

Orianne accosta dans une crique abritée, où l’eau était d’un vert profond. Lumi sauta souplement sur la rive, l’air attentif, ses yeux brillant d’excitation contenue. Orianne gravit un sentier rocailleux bordé de fougères, tenant fermement la carte de Benoît dans une main, la boussole dans l’autre. Et c’est en atteignant un plateau bordé de falaises qu’elle découvrit, au milieu d’une clairière perchée sur les hauteurs, une immense caisse en bois dissimulée sous des branchages noirs et des mousses épaisses. Une vieille cargaison, peut-être placée là depuis des décennies.