Orianne avait quitté le théâtre sans un mot. Le silence l’avait suivie un moment, accroché à ses pas. Puis le vent avait repris, léger, tiède, porteur d’odeurs nouvelles.
Le sol était redevenu souple. La roche avait laissé place à une terre sablonneuse, marquée par des aiguilles rousses. Des pins maritimes, hauts et penchés, bordaient un sentier discret.
Leur parfum salé dansait entre les troncs, mêlé à celui de la résine et du vent du large.
Orianne avançait lentement, les épaules relâchées. Autour d’elle, les bruits étaient doux : bruissements de branches, craquements feutrés, souffle des pins. Lumi trottinait devant, curieux mais tranquille, s’arrêtant parfois pour sentir, écouter, vérifier.
Puis le sous-bois s’ouvrit, doucement. Devant elle s’étendait un parc ancien.
Pas tout à fait sauvage, pas tout à fait domestiqué. Des allées de gravier clair serpentaient entre les herbes hautes et les arbres centenaires. Quelques bancs moussus. Une fontaine.
Orianne entra dans ce jardin comme on entre dans un souvenir. Chaque pas semblait faire crisser le silence. Mais elle ne s’arrêta pas. Elle suivit l’allée centrale, les yeux levés vers les branches entrelacées. Le lieu ne disait rien. Mais il regardait.