Le totem reposait au fond de sa besace, soigneusement enveloppé dans le tissu préservé. Depuis qu’elle avait quitté l’île, elle avait repris sa route, guidée par l’un des croquis découverts dans les notes de Benoît.

Elle avait suivi les pistes avec attention, traversant des sentiers oubliés, des vallées silencieuses, jusqu’à ce que les arbres se referment autour d’elle.

La forêt dans laquelle elle marchait désormais était paisible, couverte d’une lumière filtrée par les feuillages denses. Ici, tout semblait ancien, mais vivant. Comme si le monde retenait son souffle. Lumi avançait juste derrière elle, ses pattes feutrées soulevant à peine les feuilles mortes, ses yeux brillants attentifs à chaque bruissement.

Et puis, au creux de cette petite forêt, elle atteignit une clairière. Ronde, presque parfaitement tracée, posée là comme un sanctuaire.

Au centre, un arbre, massif, ancien. Il ne dominait pas seulement l’espace, il en était le cœur. Son tronc était large et fendu, ses racines noueuses profondément ancrées dans la terre. Une branche brisée formait un creux au niveau de l’écorce, juste à hauteur de regard.

En s’approchant, Orianne y aperçut une pomme de pin, posée dans le renfoncement. Elle la prit dans sa main, sans trop réfléchir. Elle n’avait rien de remarquable, mais il y avait quelque chose de doux dans ce geste, de silencieux. Un simple souvenir, ramassé sur le bord du chemin.

Puis, son regard s’attarda sur le tronc lui-même. Juste à droite du creux, dissimulé entre les fibres de l’écorce, elle distingua une fine fente verticale. Presque invisible.

Elle passa la main, poussa légèrement. Une petite section du bois s’ouvrit avec un craquement discret, révélant une cavité creusée dans le cœur même de l’arbre. À l’intérieur, un parchemin soigneusement enroulé l’attendait. Orianne le déroula lentement. Les symboles inscrits dessus formaient une énigme. Dense, précise, volontairement obscure.

Un message conçu pour la ralentir… ou pour la guider.

Elle rangea le parchemin avec soin.

La clairière lui avait offert ce qu’elle était venue chercher. Le reste, comme toujours, dépendrait d’elle.